• Que fais-tu maintenant ?

    Dans l’histoire de l’humanité, il ne s’est pas présenté de moment plus solennel que le temps présent. Alors que le Fils de Dieu mène l’enquête au-devant du trône de l’univers et de l’au-delà du réel, les hommes, parias intouchables et ghettoïsés, ont la possibilité d’influencer l’investigation menée. Cela est inconcevable avec nos esprits diminués, mais c’est pourtant bien la réalité enseignée par la Bible. L’esprit d’investigation du Christ nous est donné, aussi nous participons bel et bien à l’instruction du jugement (1 Co 2). De quelle manière ?

    Notre rôle est crucial dans notre propre purification finale, dans l’œuvre de la rédemption du monde, et dans la préparation du Royaume à venir.

     

     

     

    L’histoire de Jacob est une illustration particulièrement touchante en ce qui concerne notre rôle dans notre purification des derniers temps. Jacob est l’archétype de l’ennemi du plan de Dieu. Sa jeunesse au foyer est caractérisée par l’insoumission aux promesses divines. Il semble inconscient de la confiance absolue qui est nécessaire pour plaire à Dieu. Dieu lui avait déjà donné une promesse certaine, par l’intermédiaire d’une prophétie à sa mère. « L’aîné sera assujetti au plus jeune. » Mais plutôt de s’y référer comme à une ancre solide, à une attente certaine et une démonstration de l’invisible futur (Hb 11.1), Jacob transgresse l’honnêteté et sacrifie son honneur d’abord par le chantage et le marchandage, puis en usant de tromperie et de contrefaçon.

     

    Lorsqu’il propose à Ésaü de vendre son droit d’aînesse, il croit que c’est par ses propres moyens (en l’occurrence ses talents marchands) et en profitant des faiblesses des autres que l’on réalise les promesses de Dieu. Rien n’est moins vrai. Dans le monde spirituel, on ne peut dénigrer pour mériter. Celui qui méprise son frère méprise, en réalité, non pas l’attitude de son frère ou les puissances (fussent-elles ténébreuses) qui agitent et dirigent ce frère. Celui qui est méprisé, jugé et maudit par une telle attitude, c’est Dieu. Lorsqu’un homme est poursuivi par la justice d’un pays de droit, mais que le verdict n’est pas encore tombé, on ne peut prononcer de jugement à son égard. En fait, lorsqu’on prononce un jugement, on sous-entend que le système judiciaire en place est dysfonctionnel, qu’il n’est pas juste. Dans notre univers, « un seul est à la fois législateur et juge, un seul peut à la fois sauver et faire périr ». Aussi « Celui qui médit d'un frère, et qui condamne son frère, médit de la loi, et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu n'es point observateur, mais juge de la loi. … Toi, qui es-tu, qui juges les autres? » (Jc 4.11, 12). Jacob pèche donc en souhaitant profiter de l’impénitence et de la légèreté de son frère. Nous devons veiller à ne pas tomber dans ce travers, ni exploiter, même dans de nobles buts, les défauts d’autrui, mais au contraire à corriger, exhorter dans la justice, en toute occasion, favorable ou non (2 Tim 4.2).

     

    Jacob va aggraver sa faute par le mensonge. Acceptant l’interprétation de sa mère, selon laquelle la prophétie ne peut s’accomplir qu’avec un coup de pouce humain, Jacob décide de se faire passer pour son frère auprès de son père. Ce frère, Esaü, ne présente pas d’attrait spirituel. De manière évidente, sa passion pour la tuerie d’animaux et pour des femmes idolâtres devrait provoquer de la tristesse pour les cœurs pleinement convertis aux affections spirituelles. Malheureusement, Isaac s’était profondément attaché à Esaü, et Jacob n’a pas compris que la bénédiction réelle ne pouvait venir des affections d’Isaac, mais plutôt de celles de son Dieu. Oh, si il avait cru cela, combien de troubles et de souffrances n’aurait-il pas évité ! Mais il a préféré s’immiscer dans les affaires de Dieu, user de contrefaçon et même de mensonge, déshonorant ainsi le vieillard aveugle, fils et père de la promesse, qu’était le patriarche Isaac.

     

    Dieu n’approuvait pas le caractère de Jacob. Mais sachant la fin dès le commencement, il mit sur le chemin du jeune homme des écueils propres à le forcer à l’humilité. L’histoire de l’usurpateur Jacob devenu le prince Israël est paradoxalement celle d’une marche forcée vers l’humilité.

     

    Les premières épreuves de Jacob sont les conséquences directes de son péché. Il va devoir fuir seul et effrayé comme un déshérité, puis s’installer chez un oncle trompeur et expert dans l’art du chantage. Cet oncle va contrarier le cœur de Jacob et le déshonorer par une polygamie forcée (de même que le cœur et l’honneur d’Isaac ont été contrariés par Jacob). Éprouvé au-dedans de lui-même par 20 années de soumission à la cruauté et à l’indignité, il apprend la véritable nature des péchés qu’il avait osé chérir. Alors, profondément repentant, il ressentit à plusieurs reprises sa totale indignité face aux magnifiques promesses divines, promesses de restauration, de la filiation avec le prince de la paix, et de bénédiction éternelle et illimitée qui avait été conçue dès avant la fondation du monde. Le Fils à la double identité d’adoptif et de charnel de l’Humanité et de la Divinité devait être donné à un usurpateur d’identité !  Lorsque Jacob regarde en arrière, il devrait douter. Mais les bénédictions matérielles de Dieu ainsi que la vision de l’Échelle apparue sur le chemin du fugitif, sont là pour contrebalancer sa souffrance.

     

    Après ce temps d’épreuve, il est donné à Jacob les occasions de réaliser, pour lui, les promesses : il doit écouter l’appel de Dieu à constituer son patrimoine, puis faire preuve de franchise envers son pire ennemi, mettant fin définitivement aux menaces portant sur son élection et l’accomplissement des prophéties le concernant. Ces deux actes de foi constituent la réponse à ses 2 péchés de jeunesse. Premièrement il doit marcher dans l’obéissance à Dieu, partir avec ce que Dieu lui a offert chez Laban. Il ne doit pas extorquer Laban en négociant à son avantage son salaire. Dans sa condition de serviteur, il a été trompé, et doit se contenter de son dernier contrat, partir avec le bétail ayant les motifs déterminés. Cela ne signifie pas qu’il ne doit pas faire preuve de sagesse : consulter ses femmes, partir en l’absence de son maître, marcher à pas de courses pour ne pas être rattrapé trop vite. Mais cette fois, c’est sous l’ordre de Dieu qu’il s’échappe, riche, béni et serein. L’usurpateur Laban, sera obligé de se plier à la décision de son serviteur affranchi, par ordre divin. Il pourra réclamer ses idoles, mais ne les trouvera même pas. Il sera forcé d’établir une limite avec l’Homme Libre de Dieu, et reconnaître la souveraineté de celui-ci sur les biens et les terres qui lui appartiennent par un héritage supérieur à celui que peut donner l’Humain, même par un quelconque droit d’aînesse. C’est la réponse à l’usurpation du droit d’aînesse par le plat de lentilles. Il n’est plus question des talents humains (marchandage) ni des mérites naturels (le droit d’aînesse) pour obtenir l’épanouissement matériel et humain.

     

    Le deuxième conflit de Jacob sera plus préoccupant pour lui. Les démonstrations d’humilités, faites à distance, ne suffiront plus. Il pensera à créer une stratégie quasi-militaire, évitant de faire face à son péché qu’il croyait pardonné. Il aimerait à tout prix ne pas avoir à passer par là, il cache ce en quoi il met le plus d’affection : ses femmes, ses enfants, lui-même. Il craint le combat, et laisse son camp traverser, avant de s’écrouler au bord du fleuve, apeuré et épuisé. Dieu se souvient-il de ses bénédictions ? Y a-t-il droit, de toute manière ? N’est-il pas un usurpateur ? L’ange du Seigneur, à savoir le Christ lui-même, celui qui est le sujet et l’objet de toutes les promesses et de toutes les bénédictions, se présente à lui, pour une épreuve suprême. Effrayé par la seule présence de cet étranger, qu’il croit être un envoyé sanguinaire de son frère, Jacob se jette sur lui, tentant à tout prix de le maîtriser. Ce combat est mystérieux, car bien que Jacob souhaite mettre KO son adversaire, il ne souhaite en aucun cas s’en débarrasser ni le tuer. Il semble (???) que son intention soit avant tout de comprendre de qui il s’agit et pourquoi s’est-il présenté. Aussi il fera tout son possible, avec ce que ses capacités humaines lui offrent, pour empêcher l’ange d’avoir l’avantage et l’occasion de s’échapper.

     

    Jacob n’utilise plus ses talents pour échapper à ce qui lui est désagréable. Accomplir la promesse ne nécessite plus de déguiser ses agissements. Au contraire, il met tous ses talents à profit pour affronter et retenir Dieu. Sa volonté ne faiblit pas toute une nuit durant. Si à ce moment critique de sa vie il avait faibli, il ne serait pas Israël, il ne pourrait se saisir d’une telle identification avec son adversaire. Plus qu’à Abraham et même Isaac, pour toujours le peuple de Dieu et Dieu lui-même au travers de son Fils, seront appelés à s’identifier et à se réclamer du nom d’Israël, parce qu’en cette nuit, sur la rive du torrent de …, le trompeur a lutté pour ne plus être jugé ainsi.

     

    Il a retenu. Jacob a retenu la Parole de Dieu jusqu’à l’aube. Il a retenu le créateur, celui qui a fondé toutes choses, celui par lequel et pour lequel toutes choses existent et ont été créé. Il a osé le tenir avec des mains et des forces humaines, et il a été trouvé le plus fort. Le créateur n’est pas hors d’atteinte des hommes. La Parole Créatrice est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur.

     

    Dans ce moment extrême, la force et la motivation de Jacob est celle d’un homme craignant pour sa vie. Comme cela est étrange ! Toute la Bible exalte l’Humain désintéressé et confiant, dont l’œuvre a lieu en plein jour et en pleine lumière. La Bible élève un Dieu puissant dont la présence est évidente à quiconque le rencontre, par la gloire et la puissance qui l’accompagne. Mais là, à l’heure où Dieu va statuer sur le sort éternel de Jacob devant l’Univers, c’est dans les ténèbres et l’anonymat que se présente le messie. Si dans ce moment crucial, un seul péché, une seule tromperie supplémentaire, s’était présenté à l’esprit de Jacob sans que celui-ci/celle-ci n’ait été confessé auparavant, Jacob aurait été anéanti par le Fils de Dieu, sa force humaine l’aurait abandonné grâce à l’action (convaincante de péché) du Saint-Esprit, mais aussi l’activité culpabilisante du Démon.

     

    Par l’intermédiaire d’un homme, la puissance des ténèbres, du mal, de la culpabilité, et du meurtre, faisait face à la puissance de la Lumière, de la franchise, de l’humilité et de la bénédiction. C’est à chaque instant que les enfants de Dieu connaissent ce combat, pour la purification de leurs péchés.

     

     

     

    Avant qu’un péché ne soit purifié, il faut qu’il soit confessé et qu’il soit, par la repentance, emmené dans le parvis du sanctuaire céleste. La purification de chaque péché est l’objet d’une épreuve de caractère : accepterons-nous la censure de la Parole ? Accepterons-nous la domination de la pensée de Dieu sur toutes nos capacités ? La possibilité de l'accompagnement de Dieu dans nos affaires temporelles ainsi que spirituelles dépendent entièrement de notre engagement dans cette œuvre de purification exigée par la Loi et l'Esprit de prophétie. Garder la promesse, qui est le témoignage de Jésus, c'est d'abord prouver à tous notre victoire dans les épreuves de caractère que Celui qui voit la fin dès le commencement a préparé d'avance pour que nous les vainquions. Il est important de comprendre que les épreuves sont même moins nombreuses et moins amples que les bénédictions engendrées par les victoires obtenues par la foi.

    Et la vie formée en Christ nous est offerte au milieu même de la mort de notre culpabilité, afin que celui qui perd sa Vie à cause de Christ la retrouve instantanément. "Celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous." L'obtention de la Vie christique par la repentance est une condition sine qua non pour la victoire totale sur nos propres peurs, fautes et malédictions. L'affranchissement de Jacob d'entre les mains du trompeur nécessitait que Jacob soit à son tour trompé et déshonoré, mais qu'au milieu de cette affliction il tende la main à Dieu et à son ordre de quitter son oncle. Alors il devint le patriarche libre, indépendant des hommes et riche de l'héritage des bénédictions divines.

     

    Le second pas de Jacob fut celui qui lui conféra son statut crucial dans le plan du Salut. De même aujourd'hui, entrer dans l'Israël de la Fin, accomplir les promesses et permettre la formation de la postérité promise de Christ en nous (obtenir ainsi l'héritage, la vie, l'identité et la filiation divins) nécessite de passer par cette lutte prophétique. Il existe une lutte finale, celle du peuple du Reste, confronté aux tribulations les plus terribles que la terre ait portées. Mais avant cette lutte des enfants scellés de Dieu contre les adorateurs satanistes marqués du Nom de la Bête, la sanctification de l'Israël moderne passe comme Jacob par une persévérance complète dans la Foi et le témoignage de l'œuvre de la Parole dans nos vies. ... (egw).

     

    Ésaü est à l'image des propre-juste. Alors que Jacob passe une nuit angoissée et persévérante, alors qu'il craint pour sa vie et pour celle de ceux que Dieu lui a confié, Ésaü dort paisiblement avec un peuple de soldats et l'objectif de persécuter son propre frère. Cet aîné aux yeux des hommes est clairement un danger pour tous les Jacob pécheurs et inquiets quant à leur salut éternel et à celui de ceux qu'ils fréquentent et auprès desquels ils se doivent de témoigner. La décision d'Ésaü de se fier à son propre jugement, d'abord pour son mariage, puis pour l'élimination de son frère, a fait de lui un dangereux soldat sanguinaire. On ne lève pas 400 hommes en un jour, mais c'est plein de propre suffisance que, différemment que toute sa lignée, l'aîné d'Isaac s'enorgueillit de la puissance et de l'héritage humain.

     

    Cette fois, Jacob ne veut rien lui envier. Plutôt que de le tromper, il voit que sa seule solution pour sauver sa vie et l'héritage qu'il possède est de lutter, non contre des hommes, mais humainement et contre sa propre culpabilité que Dieu et le Diable ne manquent tous les 2 de lui rappeler. Cela est étonnant. Pour une fois, les deux ennemis éternels semblent s'associer pour détruire un pauvre homme ! Une telle association, rappelle sans doute celle de la colère de Dieu avec les tentations du Diable et le mépris des hommes, tous 3 ensembles sur les épaules du Sauveur du monde, pendu au bois. Il n'est pas bon d'être pécheur. Pourtant, il n'y a aucune complicité entre la lumière et les ténèbres, aucun accord entre la vérité et l'erreur. Les deux sont plus incompatibles encore que la mort et la vie. La vérité dit au sujet du Père du mensonge : « Il n'a rien en moi ». Rien. Si Dieu persécute le pécheur, le perdu, le meurtrier, ce n'est pas pour venger le sang. La vengeance vient avec la rétribution finale, la condamnation éternellement mortelle. Si Dieu persécute, il s'agit de la persécution du « redeemer »/« rédempteur », du « racheteur du sang », de celui qui poursuit, au risque de tuer, le meurtrier négligeant.

    Nous sommes tous négligents et meurtriers. Négligents car nous ne percevons pas la perfection invisible de Dieu rendue manifeste par ses créations nous environnant, et pire, lorsque nous les percevons, cela nous empêche rarement de re-tomber ensuite dans les mêmes travers. « Toi qui juges, tu commets les mêmes choses. » Nous sommes meurtriers car « nous accomplissons les désirs de notre père le Diable ». Y a-t-il en Dieu un quelconque péché? Si donc nous péchons, c'est que nous accomplissons les désirs d'un autre Père, celui qui fut meurtrier dès la Genèse. Jacob retrouva son droit à l'adoption par un autre Père en acceptant la seule ville de Refuge ou le Maître l'avait poussé par ses persécutions : l'humilité. Toute mythologie et rêve héroïque humain entre dans une grande contradiction d'avec le combat mystique de Jacob. C'est s'écraser sous l'influence divine qui constitue la plus grande victoire de Jacob. Voir la dépendance de sa Justice envers Dieu au moment où le courage et la force semblent les plus importants, exprimer une confiance combative dans la promesse au moment où la mort est nécessairement évidente, substituer la supplication au combat face à la révélation de la puissance de notre divin adversaire, cela constitue la révélation de la véritable humilité, de la crainte de l'Éternel.

     


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